Histoire de la chicorée WILLIOT

  C'est en 1779 que Charles François GIRAUD, homme d'une grande intelligence et très entreprenant, introduisit en France la culture de la chicorée et fonda à Onnaing près de Valenciennes, la première fabrique de chicorée en France .

 

    Il travailla tout d'abord la racine à l'état vert, mais cela avait l'inconvénient de réduire la fabrication au seul moment de la récolte, la conservation de la chicorée en cet état étant impossible. Charles François GIRAUD, possédait également une filature et surtout une distillerie de grains

 

   Il eut l'idée ingénieuse de faire sécher préalablement les racines sur la touraille de sa malterie et, pour en favoriser la dessiccation, il les divisa en petits cubes allongés;  les cossettes venaient d'être inventées. Dès lors, la torréfaction est devenue une activité répartie sur toute l'année

 

  Le succès fut alors complet et la fabrication proprement dite de Café Chicorée était assurée; une nouvelle industrie était née.

 

 Charles François GIRAUD meurt en 1827; sa fille Elizabeth GIRAUD épousa M Chrysothome WILLIOT  . De cette union naquit Zulnard WILLIOT- MASSON qui fonda l'usine de Poix du Nord dans le Nord en 1880

 

Il eut pour successeur dans la Société son fils Zulnard WILLIOT - LEGRAND, qui lui même eut un fils Jules Eloi WILLIOT, propriétaire et directeur de la fabrique de chicorée à partir de 1914

 

 Jules Eloi WILLIOT fut fait prisonnier dès le début de la guerre de 14-18 à Maubeuge; En son absence, c'est sa femme Emilie qui dirigera l'affaire en suivant les conseils envoyés d'Allemagne par son mari ; Elle installera les bureaux et une usine à La Garenne Colombes de 1917 à 1920. Dès sa libération en 1918, Jules Eloi reprendra la direction de l'affaire aidé de ses trois fils : Jules Emile, Michel et Albert.

 

Jules Eloi chercha un nouveau site de production et installa une seconde usine à Sablé sur Sarthe, en achetant en 1918 le château de Sablé, construit entre 1715 et 1750 par Jean Baptiste Colbert de Torcy, marquis de Sablé ( 1665 - 1745 ), secrétaire d'état aux affaires étrangères sous Louis XIV . la production au château de Sablé démarra en 1920.

 

A cette époque, WIILIOT représente la 1ère marque de chicorée en FRANCE.

 

Après la second guerre mondiale, la famille connaît des turbulences et la marque WILLIOT commence à décliner.

 

La fabrication de chicorée WILLIOT à Sablé sur Sarthe a duré jusqu'en 1962

 

L'affaire a toujours appartenu à la famille WILLIOT jusqu'à la reprise de la Société et de la Marque par la Société LEROUX dans les années 70; le château de Sablé, habité par Charles François WILLIOT, fils de Jules Emile, fut revendu à l'Etat par la famille en 1978.

 

 Aujourd'hui, la Maison LEROUX , située à Orchies dans le Nord, possède un fonds d'archives sur la chicorée WILLIOT

 

Usine de Poix du Nord

Fabrique de caisses

en 1914

Transport de chicorée GIRAUD DUQUESNE en 1779

Fabrique de chicorée 

en 1779

Usine de Sablé sur Sarthe

Machine à paqueter

en 1914

Déchargement d'un bateau en 1914

Charles-François 

GIRAUD  DUQUESNE

 

 

1757 / 1827

 

Fondateur

 

 

 

Jules-Eloi WILLIOT

 

1869/ 1959

 

 

 

 

Jules-Emile WILLIOT

 

1899/ 1992

 

 

 

 

Histoire de la chicorée en France

   On ne sait pas qui a mis au point ce qui fut un temps un succédané bon marché du café, mais les Romains de l’Antiquité comme Horace,Pline et Théophraste connaissaient les bienfaits de la décoction de chicorée, notamment pour ses vertus digestives.

 

L'utilisation de la chicorée comme substitut du café est apparue d'abord aux Pays-Bas vers la fin du XVIIe siècle, puis s'est répandue dans le Nord de l'Europe : Angleterre, Prusse, Belgique, France.

 

   Vers 1776, en visite près de Tournai, le distillateur valenciennois Charles-François Giraud (1757-1827) observa le procédé de torréfaction utilisé par deux médecins.  La torréfaction de la racine permit alors d'obtenir une boisson jugée meilleure que la décoction de racine séchée jusque là en usage . Charles-François Giraud améliora encore ce procédé en découpant les racines en cossettes avant de les faire sécher dans la touraille de sa malterie.

 

    Il fallut attendre que le blocus impérial coupe la route aux importateurs de café pour que s’ouvre le marché de la chicorée torréfiée. L’année suivant la chute de Napoléon, une loi taxa les importations de chicorée et de racines pour favoriser la production en France. Les créations de fabriques, employant chacune trois ou quatre ouvriers, se multiplièrent: 37 dans le seul arrondissement de Valenciennes, et 18 à Lille !

 

Avec l’ouverture du marché de la chicorée à l’ensemble du territoire national grâce aux chemins de fer, certaines fabriques se développèrent rapidement.

 

 

    A cette époque, l’extraction des racines s’effectuait manuellement d’octobre à décembre à l’aide d’un " fourquet " constitué d’un manche en bois et d’un fer à deux dents. Dans les petites fermes, c’était le planteur lui-même et sa femme qui faisaient l’arrachage des racines que les enfants, à la fin de la classe, entassaient au bout de la parcelle après les avoir décolletées. Ceux qui les essuyaient avec un torchon pour enlever la terre étaient payés 2 sous de plus à la tonne. Dans les grosses exploitations, les ouvriers agricoles étaient payés à la tâche: les travaux étaient divisés en quarts, six quarts valant un hectare.

 

   Dès l’arrachage, les racines étaient acheminées en chariots attelés par un ou deux chevaux jusqu’au séchoir. Dans les petits ateliers, des ouvriers les remuaient à l’aide de fourche en bois ou de balais dans des bacs en tôle munis de grilles. Dans les plus grandes sécheries, les racines étaient séchées dans un réservoir en briques après avoir été lavées dans un panier en lattes de bois, puis débitées à la main ou avec un coupe-racines en cossettes vertes. A partir de 1892, les séchoirs statiques à platine, dits " touraille ", se généralisèrent et ne furent progressivement remplacés qu’à partir de 1950 par les séchoirs rotatifs motorisés.

 

    Les ouvriers logeaient tout à côté des foyers dont l’entretien exigeait l’attention constante pour entretenir une température de 60 à 120° selon l’emplacement. Durant des journées de quinze heures… marchant sur les plateaux en fer, au cœur d’une atmosphère surchauffée et saturée d’humidité, munies de râteaux ou de pelles avec pour seule protection une sorte de jupe de lin ou de coton et une paire de sabots, les équipes de deux à six sécheurs retournaient en permanence la couche de 40 à 80 cm de cossettes. Une équipe de sept ouvriers pouvait ainsi produire quatre tonnes de cossettes séchées, c’est-à-dire qu’elle manipulait seize tonnes de cossettes fraîches par jour…

 

    La forte hausse du prix des cossettes belges en 1892 entraîna la fermeture de nombreuses sécheries flamandes, ce qui incita les ouvriers belges à venir travailler dans les sécheries du Nord. Arrivant à bicyclette, le propriétaire de la sécherie leur offrait le premier jour un cochon mis au saloir, cochon qu’ils cuisinaient sur place avec des pommes de terre. Lorsque l’accueil était bon, ces ouvriers revenaient régulièrement. Ainsi, de 1912 à 1968, le père et les trois fils Depla rejoignirent-ils la sécherie de Oye-Plage et, à la sécherie de Grande-Synthe, le maître sécheur Maurice Demets participa à 25 campagnes, de 1936 à 1961. Pourtant, les conditions d’hébergement étaient spartiates, le logement dit " chambre des Belges " n’ayant le plus souvent ni fenêtre, ni sanitaires.

 

    Les cossettes séchées étaient ensuite livrées aux torréfacteurs. Ceux-ci les faisaient brûler dans des boules de torréfaction en tôle actionnées manuellement ou à l’aide d’un manège à cheval avant de l’être avec une machine à vapeur. L'opération durait deux heures, jusqu’à ce que la torréfaction idoine se manifeste par une fumée blanche à reflets violets et par une odeur particulière. Les torréfacteurs chargeaient les boules et conduisaient les feux en évitant surtout le " coup de feu ", c’est-à-dire l’incendie du produit. Ils ajoutaient alors un pour cent de beurre pour lustrer la chicorée et lui donner la couleur du café brûlé avant de la concasser, de la bluter et de l’emballer dans des paquets ornés de superbes chromolithographies.

 

    Parmi tous les chicoratiers de la région, l’entreprise Leroux sut s’imposer par son dynamisme et ses innovations techniques et commerciales. Un ingénieur parisien nommé Jean-Baptiste Leroux (1800-1882) avait acheté en 1858 une manufacture d’Orchies à Verley-Charvet pour la confier avec ses six ouvriers à son fils Alphonse-Henri-François.

 

 La première année, avec ses quatre boules, deux blutoirs, deux paires de meules de pierre et deux concasseurs mus par une machine à vapeur de 10 CV, il torréfia neuf à dix tonnes de cossettes. En 1863, il développa une machine à empaqueter

 

   A la suite d’un incendie en 1871, Alphonse-Henri-François Leroux reconstruisit une usine spécialisée avec une sécherie à l’extérieur de la ville, le long de la ligne de chemin de fer pour réduire ses coûts d’approvisionnement. En 1886, son fils cadet Alphonse-Henri-Eugène, entré à 17 ans dans la manufacture, fera embaucher le premier représentant de commerce par l’entreprise puis, en 1904, lancera une série de concours dotés de prix en espèces et de divers cadeaux.

 

Dix ans plus tard, la manufacture d’Orchies employait 160 personnes, torréfiait 10% de la production nationale et exportait jusqu’en Argentine.

 

Lors des deux guerres mondiales succesives, une nouvelle pénurie de café va rendre la chicorée incontournable dans le foyers.

 

   Aujourd'hui, loin d’être un simple succédané du café, le regain d’intérêt pour cette plante s’explique à la fois par son absence de caféine et ses nombreux attraits nutritionnels ; riche en Inuline ( alternative au sucre ) , riche en fibres ( boisson digestive )

 

La France est le premier pays producteur de chicorée en Europe, devant la Belgique et les Pays-Bas. Le Nord-Pas-de-Calais assure 95% de la production française !

 

Sources  : Extraits de " Les artisans de l'alimentation" / et Dépliant publicitaire WILLIOT 1914

RETOUR ACCUEIL

Copyright 2016. Chicorée Williot, tous droits réservés.